L'esprit de la papauté

Chapitre 7

Le mystère de Dieu

Dans un certain sens, la promesse de Satan à la femme: « Vous deviendrez comme des dieux, fut accomplie. Ils devinrent « comme Dieu ». Selon sa propre estimation, Satan se croyait égal à Dieu; l'esprit qu'il manifestait avait été accepté par l'homme et avait pris racine en lui. Ainsi, maintenant les humains compteraient sur eux-mêmes comme Dieu, certains qu'ils ne pouvaient pas se tromper. Ils accuseraient le seigneur plutôt que de reconnaître leurs torts. Le même esprit malfaisant qui était en Satan se trouvait désormais dans le couple humain, l'amenant à toujours exalter le Moi. Après le péché, Dieu dit: « voyez l'homme est devenu comme l'un de nous, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3:22). L'homme n'était pas devenu comme Dieu dans la vérité et la droiture, mais dans la connaissance du mal. Celui-ci domina leur esprit et ils placèrent le moi à égalité avec Dieu.

Voyons un autre passage de l'Écriture: Michée 6:8, « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; et ce que l'Éternel demande de toi, c'est que tu pratiques le droit, que tu aimes la loyauté, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » L'homme en était arrivé à considérer préférable de marcher seul plutôt qu'avec Dieu. Le Seigneur l'invite: « soit heureux de prendre la place la basse, celle de l'humilité, qui est aussi la mienne; viens et marche avec moi. »

Si nous revenons à notre texte initial de Philippiens 2, nous y sommes exhortés à posséder le même esprit les mêmes sentiments que ceux de Jésus qui s'est humilié lui-même, ne cherchant point à établir son égalité avec Dieu. Le Seigneur nous invite à abandonner l'esprit que Satan a mis en nous et à revenir à Lui. Un autre passage de l'Écriture affirme: « Celui qui s'élèvera lui-même sera abaissé et celui qui s'humiliera lui-même sera élevé. » Laissons pénétrer en nous cet esprit qui est celui de Jésus-Christ lui-même.

Mais l'homme ne possédait plus en lui cette force de s'humilier lui-même. Il était incapable de confesser ses fautes et ne pouvait que se trouver des excuses alors qu'il avait complètement tort. Il était devenu esclave, ayant perdu toute liberté. Il n'avait plus la force de penser et de sentir autrement que comme Satan le faisait lui-même.

Ainsi, l'obscurité recouvrait la terre et les peuples. Cette obscurité était totale, sans rayon de lumière... Mais Dieu ne voulait pas abandonner l'homme dans cette obscurité sans lui donner une autre possibilité de choisir la lumière et la vie. Ce serait seulement s'il refusait obstinément la lumière que Dieu lui proposait qu'il resterait alors dans les ténèbres impénétrables qu'il avait choisies.

C'est pourquoi le Seigneur dit au serpent: « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. » Genèse 3:15. Par cette déclaration, Dieu déchire le voile de totale obscurité et ouvre une voie de liberté pour les captifs asservis, sans secours, dans les ténèbres. À nouveau, l'homme allait connaître la liberté de choix. Jamais Dieu n'a lié l'homme à Lui-même par un asservissement absolu et indiscutable comme le fit Satan.

NON. Dieu est à jamais l'auteur de l'intelligence, de la liberté du libre consentement... Même maintenant, Il ne peut contraindre l'homme à prendre la voie de la droiture et à la garder. Il replace l'homme dans la position d'un être libre de choisir qui il veut servir: Dieu ou Satan, le bien ou le mal, Christ ou le Moi. Et pour quiconque veut suivre Dieu et se soumettre à Sa volonté, aucune puissance de l'univers ne peut l'obliger à rester sous la domination de Satan et du péché.

Ici encore, Satan se fourvoya. Méconnaissant le véritable caractère de Dieu, il pensait que ce caractère même qu'il imaginait dur et arbitraire éloignerait l'homme de lui. Ainsi, les choses tourneraient à son avantage. Il lui semblait qu'une véritable amitié existait entre lui et les hommes pécheurs...

Mais au moment où il se félicitait du succès de ses entreprises, il fut surpris et alarmé par ces paroles venant de Dieu: « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ». Ainsi, sa domination serait constamment contestée et certains échapperaient à son joug... Et ces propos furent suivis d'une autre phrase encore plus étonnante: « La descendance de la femme t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon ». Il comprit alors que sa cause était en danger. Ce qui lui avait paru acquis et certain était remis en doute; la défaite était possible. Il perdait du terrain. Une telle situation ne lui était jamais arrivée et il ne pouvait en prévoir l'issue. C'était un mystère.

C'est vraiment le mystère de Dieu, cette inimitié, cette haine du mal que Dieu place en chaque personne dès sa naissance. Celle-ci pousse à désirer le bien plutôt que le mal. Et comme cette délivrance du mal ne se trouve qu'en Christ (Romains 7:14-25), cette promesse de mettre l'inimitié entre Satan et le genre humain est la promesse de Christ lui-même, le « désiré » de toutes les nations.

C'est le don de la foi à l'homme. Christ est l'auteur et le consommateur de la foi (Hébreux 12:2). Christ demeure dans le coeur par la foi. Il est en nous l'espérance de la gloire et c'est là le mystère de Dieu (Colossiens 1:26-27).

Ce mystère de Dieu avait été gardé dans le silence dans les temps éternels. Mais quand les temps furent révolus, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, pour que nous puissions recevoir l'adoption en tant que fils (Garates 4:4).

C'est alors que furent comprises des choses que les prophètes avaient désiré voir et comprendre, mais n'avaient pu voir et comprendre, des « choses qui avaient été tenues secrètes depuis la fondation du monde. » (Matthieu 13:35). Dans la tentation de Christ, tous les royaumes du monde et leur gloire lui furent offerts. Mais Il ne pouvait les obtenir qu'en adorant Satan, le Dieu de ce monde. Cependant, en contraste, le christianisme n'est pas une domination, mais un service.

Matthieu 20:25-28
« Jésus les appela et dit: Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n'en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. »

Cette liberté que Christ donne aux siens, c'est la liberté de l'amour qui sert l'autre. La loi de Dieu est accomplie dans cette phrase: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Galates 5:14)

Christ s'est dépouillé de lui-même pour prendre la forme d'un serviteur. Il a volontairement assumé la nature humaine, par son libre consentement. Bien qu'Il fût de nature divine, il n'apparut pas comme tel. Il voila ce qui en Lui aurait suscité l'admiration de l'Univers. Il marcha sur terre comme un homme. Il devint pauvre afin que par sa pauvreté, nous fussions enrichis. Il marcha parmi les hommes, amenant la bénédiction partout où Il allait. À son appel, des légions d'anges auraient pu l'entourer et lui porter secours, mais Il resta inconnu et non confessé, si ce n'est par quelques disciples. L'atmosphère était polluée par la malédiction. Alors qu'Il accomplissait sa mission d'amour et de miséricorde, peu de gens le remerciaient et l'appréciaient. La plupart des gens de sa nation le regardaient avec mépris.

Lui qui était habitué à la gloire céleste, entouré de chants de louanges et d'actions de grâce proclamées par des milliers de voix, Il a volontairement renoncé à cela pour devenir un homme mortel... Il aurait pu repousser la mort et la refuser, mais Il a offert sa vie sans que l'on doive la lui prendre; c'était un acte consenti pour le salut de l'homme... Il prit le péché du monde qui roula sur lui comme une montagne. Donnant librement sa vie, Il ouvrit à l'homme la porte de l'immortalité... Il ne fut pas contraint à mourir. Ainsi, tout le trésor du ciel fut déversé en un seul présent pour sauver l'homme perdu. La victoire qu'Il remporta fut désormais acquise pour tout le genre humain.

Quelle merveilleuse condescendance! Il aurait pu lutter contre les situations inhérentes à la nature humaine en déversant un flot de vitalité divine. Mais il ne le fit pas et voulut connaître les limitations de l'homme... Il le fit afin que l'Écriture puisse s'accomplir et le plan de la rédemption devenir une réalité... Il descendit d'étape en étape pour occuper la place la moins enviable. Quelle humilité! Elle impressionna les anges. Aucune langue ne peut exprimer complètement ce que cela représentait: le roi de l'Univers devint un homme bafoué... Il supporta les insultes, les accusations honteuses, les reproches, les outrages. Sur son propre territoire, il n'avait aucun lieu sur pour Lui. Il devait fuir d'un lieu à l'autre. Il fut trahi par l'un de ses propres disciples, renié par un autre des plus fervents. Raillé, couronné d'épines, flagellé, il dut porter la croix sur ses épaules sanglantes, déchirées par le fouet. Son coeur ne fut pas insensible à ce mépris et à cette ignominie... Pur, saint, sans souillure, il souffrit comme le plus coupable des criminels, mais sa propre souffrance était surpassée par celle qu'Il éprouvait pour les hommes perdus qui l'entouraient. « Tous ceux qui me voient se moquent de moi. Ils ouvrent la bouche et hochent la tête. » (Psaumes 22:7) Étant mis au banc des accusés, sa propre famille le renia. Sa mère eut le coeur percé comme par une épée. Cependant, Jésus méprisa l'ignominie, regardant aux résultats de son sacrifice, non seulement pour son peuple, mais pour le monde entier et même pour tout l'univers créé par Dieu.

Christ devait mourir à la place de l'homme, porter la peine de son péché. Ce n'était pas assez que Jésus meure pour satisfaire aux exigences de la loi bafouée; encore fallait-il qu'Il meure d'une mort honteuse, à cause de la haine de Satan qui se servait des hommes pour accomplir ses desseins. Ainsi, il fut démontré à l'Univers entier où conduisait le principe de l'exaltation du moi face au désintéressement et au sacrifice de christ. Satan était bien « meurtrier dès le commencement ». Il l'avait prouvé au cours du procès de Jésus et à Golgotha. Il accumula les pires sévices sur la tête de Celui qui se donnait en pensant d'abord aux autres. (Les paroles qu'Il prononça depuis la croix le prouvent).

Mais Dieu le fit ressusciter des morts...

Éphésiens 1:20-23
« Il l'a mise en action dans le Christ, en le ressuscitant d'entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Il a tout mis sous ses pieds et l'a donné pour chef suprême à l'Église qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. »
Et Lui, dès que son sacrifice fut agréé par le père, fit la promesse de l'Esprit saint à ses disciples. (Actes 2:33; Éphésiens 3:16-17).

Ainsi, ayant connu par Christ le « mystère de Dieu » qui avait été caché dans les âges précédents et qui était maintenant révélé, les apôtres comprirent et firent connaître, jusque dans les pays païens, « Christ en vous, l'espérance de la gloire ». Ils prêchèrent les richesses incompréhensibles de Christ, car désormais, les puissances et les principautés dans les lieux célestes participaient pleinement à la réalisation du dessin éternel de Dieu en Jésus-Christ.

Les disciples prêchèrent que, par l'esprit ce Christ dans le coeur, chacun serait en mesure d'oublier son MOI, de prendre la forme d'un serviteur obéissant jusqu'à la mort.

Satan n'avait rien pu faire pour empêcher le sacrifice de Christ; celui-ci avait triomphé; maintenant il s'attaquerait à ses disciples, tout au cours des âges et jusqu'à la fin. L'apostasie pénétra les rangs de l'église naissante. Des loups entrèrent dans la bergerie n'épargnant pas le troupeau. Ce mystère de l'iniquité, dont parle l'apôtre Paul allait se développer durant des générations. Les deux « mystères », le mystère de Dieu et le mystère de l'iniquité obéissant à deux principes opposés allaient se combattre pendant des siècles. C'est ainsi que surgit l'institution qui obéit au principe de l'exaltation du MOI: la papauté. Comme Satan dans le ciel; la papauté veut « changer la loi de Dieu » et « se proclamer Dieu, dans le temple de Dieu. »

Les événements que nous avons vécus s'ajoutent à ceux du passé pour prouver que la papauté a la prétention de diriger toutes choses et d'être même capable de changer la loi de Dieu. C'est ce qu'elle fit en laissant de côté le second commandement et en modifiant le quatrième. Pour garder le chiffre de dix, elle divisa le dixième commandement en deux parties. C'est une usurpation de l'autorité divine qui ira en s'accentuant avec le temps.

Ainsi, malgré certaines apparences (mélange de vérités à l'erreur), la Papauté incarne l'esprit de Satan qui est l'exaltation du Moi, mettant Dieu de côté.