Éducation

Chapitre 30

La foi et la prière

La foi, c'est l'assurance des choses qu'on espère (Hébreux 11:1).

Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez (Matthieu 21:22).

Avoir la foi, c'est faire confiance à Dieu, croire qu'il nous aime et sait mieux que personne ce qui est pour notre bien. Cela nous amène à suivre sa voie au lieu de la nôtre, à accepter sa sagesse au lieu de notre ignorance, sa force au lieu de notre faiblesse, sa justice au lieu de nos péchés. Nos vies lui appartiennent, nous lui appartenons déjà; notre foi reconnaît cet état de fait et l'accepte, avec toutes les bénédictions qu'il entraîne. La vérité, l'honnêteté, la pureté sont, nous l'avons vu, les secrets d'une vie réussie; c'est par la foi que nous y accédons.

Tout élan, toute aspiration vers le bien est un don de Dieu; seule la vie qui vient de Dieu, et que nous acceptons par la foi, peut nous permettre réellement de croître et d'être efficaces.

Il faut montrer clairement comment exercer la foi. Chaque promesse de Dieu s'accompagne de conditions. Si nous voulons faire sa volonté, le Seigneur nous accorde toute sa puissance. Quel que soit le don promis, il est là, dans la promesse. "La semence, c'est la parole de Dieu." (Luc 8:11) La promesse contient le don divin aussi sûrement que le gland contient le chêne. Si nous recevons la promesse, nous détenons le don.

Cette foi qui nous permet de recevoir les bienfaits de Dieu en est un elle-même, et chaque être humain en a reçu une certaine mesure. Elle se fortifie selon que nous l'exerçons en faisant nôtre la Parole de Dieu, à laquelle nous devons nous confronter souvent.

Celui qui étudie la Bible sera amené à constater la puissance de la Parole de Dieu. "Car il dit, et (la chose) arrive; il ordonne, et elle existe." (Psaumes 33:9) Il "appelle à l'existence ce qui n'existe pas" (Romains 4:17). Lorsque Dieu nomme les choses, elles existent.

Que de fois ceux qui se confiaient en la Parole de Dieu ont résisté à la force du monde, malgré leur propre faiblesse. Enoch au cœur pur, à la vie sainte, fermement attaché à sa foi, triomphant dans sa droiture, face à une génération railleuse et corrompue; Noé et sa famille, face à leurs contemporains, des hommes d'une grande force physique et mentale, mais aux mœurs dégradées; les enfants d'Israël traversant la mer Rouge, multitude d'esclaves impuissants et terrifiés, fuyant devant la plus puissante armée de la plus puissante nation de la terre; David, jeune berger, promis par Dieu au trône, face à Saül, roi en place, résolu à conserver son pouvoir; Schadrac et ses compagnons dans la fournaise, face à Nebucadnetsar; Daniel dans la fosse aux lions, face à ses ennemis, grands dignitaires du royaume; Jésus sur la croix, face aux prêtres et aux chefs juifs qui soumettaient le gouverneur romain lui-même à leur volonté; Paul dans les chaînes, condamné à mort comme un criminel, face à Néron, tyran d'un immense empire.

De tels exemples ne se rencontrent pas seulement dans la Bible. L'histoire de l'humanité en foisonne. A travers les Vaudois et les Huguenots, Wyclef et Huss, Jérôme de Prague et Luther, Tyndale et Knox, Zinzendorf et Wesley, et tant d'autres encore, s'est manifestée la puissance de la Parole de Dieu face au pouvoir et à la politique humains, passés du côté du mal. Ces hommes sont la vraie noblesse du monde, ils en sont la lignée royale, et les jeunes d'aujourd'hui sont appelés à les rejoindre.

Les petits événements de la vie, tout autant que les grands, requièrent notre foi. Si nous nous y abandonnons, l'action fortifiante de Dieu est une réalité qui concerne nos intérêts, nos préoccupations de chaque jour.

D'un point de vue humain, la vie est pour chacun un chemin vierge, dans lequel, en ce qui concerne nos expériences les plus profondes, nous marchons seuls. Aucun être humain ne peut pleinement partager notre vie intérieure. Alors que l'enfant s'engage dans ce voyage, au cours duquel il devra, tôt ou tard, choisir sa propre route, et décider de son éternité, il nous faut faire tous nos efforts pour l'aider à mettre sa confiance dans le vrai guide.

Rien ne nous permettra de résister à la tentation, rien ne nous dirigera vers la pureté et la vérité aussi bien que le sentiment de la présence de Dieu. "Tout est mis à nu et terrassé aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte." (Hébreux 4:13) "Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, tu ne peux pas regarder l'oppression." (Habakuk 1:13) Cette pensée préserva Joseph des corruptions de l'Egypte; aux séductions de la tentation, il répondait résolument: "Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu?" (Genèse 39:9) Notre foi, si nous la nourrissons, sera notre bouclier.

Seul le sentiment de la présence de Dieu vaincra la peur de l'enfant craintif pour qui la vie serait un fardeau. Aidons-le à graver dans sa mémoire cette promesse: "L'ange de l'Eternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les délivre." (Psaumes 34:8) Faisons-lui lire la merveilleuse histoire d'Elisée qui, dans la ville située sur la montagne, fut protégé des chevaux, des chars, de la troupe ennemis par les chevaux et les chars de feu de l'Eternel. L'histoire de Pierre, emprisonné, condamné à mort, à qui l'ange de Dieu apparut et qui fut par lui guidé en lieu sûr, loin des gardes en armes, des lourdes portes, de l'énorme portail d'entrée muni de barres et de verrous. Et ce passage où, sur la mer déchaînée, Paul, prisonnier, appelé à être jugé et exécuté, adressa aux soldats et aux marins épuisés par les efforts et le manque de sommeil et de nourriture ces paroles d'encouragement et d'espoir: "Je vous exhorte à prendre courage; car aucun de vous ne perdra la vie. [...] Un ange du Dieu, à qui j'appartiens et rends un culte, s'est approché de moi cette nuit et m'a dit: Sois sans crainte, Paul; il faut que tu comparaisses devant César, et voici: Que Dieu t'accorde la grâce de tous ceux qui naviguent avec toi." (Actes des Apôtres 27:22-24) Confiant en cette promesse, Paul exhorta ses compagnons: "Personne de vous ne perdra un cheveu de sa tête." (Actes des Apôtres 27:34) Il en fut ainsi. Parce qu'il se trouvait dans ce bateau un homme par qui passait l'œuvre de Dieu, tous les soldats et marins païens furent sauvés: "Tous parvinrent à terre sains et saufs." (Actes des Apôtres 27:44)

Ces récits n'ont pas été écrits seulement pour être lus et admirés, mais pour que la foi qui habitait les serviteurs de Dieu autrefois puisse aussi nous habiter. Lorsque le Seigneur trouve des cœurs disposés à être les canaux de sa grâce, il agit aujourd'hui d'une façon tout aussi éclatante qu'alors.

Que ceux qui n'ont pas confiance en eux-mêmes et qui, à cause de cela, reculent devant les responsabilités, apprennent à s'en remettre à Dieu. Beaucoup d'entre eux, qui sans cela n'auraient été qu'un numéro matricule ou un fardeau inutile, pourront dire avec l'apôtre Paul: "Je puis tout par celui qui me fortifie." (Philippiens 4:13)

Aux enfants qui souffrent vivement des blessures de la vie, la foi réserve des richesses. Leur disposition à résister au mal ou à venger les torts est souvent motivée par un sens aigu de la justice et un esprit vif, vigoureux. Apprenons à ces enfants que Dieu est le gardien du bien; il veille avec tendresse sur ceux qu'il aime tant qu'il a donné pour les sauver son Fils bien-aimé; il se chargera lui-même des malfaiteurs.

"Celui qui vous touche touche la prunelle de son œil." (Zacharie 2:12)

"Remets ton sort à l'Eternel, confie-toi en lui, et c'est lui qui agira. Il fera paraître ta justice comme la lumière et ton droit comme le (soleil à son) midi." (Psaumes 37:5, 6)

"Que l'Eternel soit une forteresse pour l'opprimé, une forteresse pour les temps de détresse. Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi. Car tu n'abandonnes pas ceux qui te cherchent, Eternel!" (Psaumes 9:10, 11)

Dieu nous demande de faire preuve envers les hommes de la miséricorde qu'il éprouve à notre égard. Laissons les esprits impulsifs, indépendants, vengeurs contempler celui qui est doux et humble de cœur, mené comme un agneau à l'abattoir, silencieux comme une brebis devant ceux qui la tondent. Laissons-les considérer celui qui a souffert de nos péchés et porté nos douleurs; ils apprendront à supporter, à être patients, à pardonner.

Par la foi dans le Christ, tous les défauts de caractère peuvent être corrigés, toutes les souillures purifiées, toutes les qualités développées.

"Vous avez tout pleinement en lui." (Colossiens 2:10)

La prière et la foi ont des liens étroits et doivent être étudiées ensemble. Il y a, dans la prière de la foi, une science divine, à laquelle doit accéder celui qui veut réussir sa vie. Le Christ a dit: "Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et cela vous sera accordé." (Marc 11:24) Bien sûr, nos demandes doivent être en harmonie avec la volonté de Dieu; nous devons rechercher ce qu'il nous a promis, et utiliser ce que nous recevons selon son vouloir. Dans ces conditions, sa promesse est sans équivoque.

Nous pouvons demander le pardon de nos péchés, le Saint-Esprit, un caractère à l'image du Christ, la sagesse et la force pour accomplir l'œuvre de Dieu, ou n'importe lequel des dons promis; et puis croyons que nous le recevons, et remercions-en Dieu.

Nous n'avons à attendre aucune manifestation extérieure de la bénédiction divine. Le don est dans la promesse, et nous pouvons vaquer à nos occupations, certains que ce que Dieu a promis, il peut l'accorder, et que ce don, que nous possédons déjà, se manifestera lorsque nous en aurons le plus besoin.

Vivre ainsi, de la Parole de Dieu, signifie que l'on s'est totalement abandonné au Seigneur, que l'on a sans cesse besoin de lui, que l'on en est sans cesse dépendant, que le cœur s'élance vers lui. La prière est alors indispensable: c'est la vie de l'âme. Prière en famille, prière publique ont leur importance; mais c'est la relation secrète avec Dieu qui fait vivre l'âme.

C'est sur la montagne, en compagnie de Dieu, que Moïse contempla le modèle du superbe édifice qui devait être la demeure de la gloire divine. C'est sur la montagne, en compagnie de Dieu-dans un lieu retiré-que nous devons contempler l'idéal glorieux qu'il propose à l'humanité. Ainsi nous aurons la possibilité de façonner notre caractère pour que s'accomplisse la promesse: "J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple." (2 Corinthiens 6:16)

C'est en des moments de prière solitaire que Jésus, sur terre, recevait la sagesse et la force. Que la jeunesse suive son exemple et réserve, le matin, le soir, un temps de communion personnelle avec son Père céleste. Que tout au long du jour elle élève son cœur vers Dieu. A chaque pas de notre vie, il nous dit: "Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui saisit ta main, [...] Sois sans crainte, je viens à ton secours." (Ésaïe 41:13) Puissent nos enfants comprendre tout cela dès l'aube de leur vie; quelle fraîcheur, quelle force, quelle joie, quelle douceur seront alors les leurs!

Ces leçons, seul celui qui les a assimilées peut les enseigner. Beaucoup de parents et de maîtres déclarent croire en la Parole de Dieu, alors que leur vie en renie la puissance: voilà pourquoi l'enseignement de l'Ecriture n'a pas plus d'effet sur la jeunesse. De temps à autre les jeunes sentent la force de la Parole. Ils discernent la richesse de l'amour du Christ, la beauté de son caractère, les dimensions d'une vie consacrée à son service. Mais ils voient d'autre part la vie de ceux qui prétendent respecter les préceptes divins. Il en est tant à qui s'appliquent ces mots adressés au prophète Ezéchiel: "Les gens de ton peuple [...] se disent l'un à l'autre, chacun à son frère: Venez donc écouter quelle est la parole qui provient de l'Eternel! Ils se rendent en foule auprès de toi, et mon peuple s'assied devant toi. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent pas en pratique, car ils agissent avec des paroles (aimables) à la bouche alors que la cupidité mène leur cœur. Te voilà pour eux comme une aimable chanson: musique agréable et belle mélodie. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique." (Ézéchiel 33:30-32)

C'est une chose d'utiliser la Bible comme un livre qui offre de bons principes moraux, à respecter autant que l'époque et notre situation dans la société nous le permettent; c'en est une autre de la considérer telle qu'elle est réellement-comme la parole du Dieu vivant, la parole de notre vie, la parole destinée à modeler nos actions, notre langage, nos pensées. La considérer autrement, c'est la rejeter. Que ceux qui prétendent y croire la rejettent ainsi est une des principales causes du scepticisme et de l'infidélité de la jeunesse.

Une fièvre telle qu'on n'en a jamais vu gagne le monde. Divertissement, course à l'argent, au pouvoir, lutte pour la vie, une puissance terrible s'empare du corps, de l'esprit, de l'âme. Au milieu de cette ruée, de cette folie, Dieu parle. Il nous invite à prendre du recul et à communier avec lui. "Arrêtez, et reconnaissez que je suis Dieu." (Psaumes 46:11)

Beaucoup de gens, même dans les moments qu'ils consacrent à l'adoration, ne peuvent jouir des bénédictions qu'apporte une véritable communion avec Dieu. Ils sont trop pressés. Ils se hâtent de traverser le cercle de la présence aimante du Christ, s'y arrêtent un instant peut-être, mais n'attendent pas le moindre conseil. Ils n'ont pas le temps de rester avec le divin Maître, et c'est chargés de leurs fardeaux qu'ils retournent à leur tâche.

Ces ouvriers ne pourront pas réussir vraiment tant qu'ils n'auront pas appris le secret de la force. Ils doivent prendre le temps de penser, de prier, d'attendre de Dieu le renouvellement de leurs énergies physiques, mentales, spirituelles. Ils ont besoin de l'action ennoblissante du Saint-Esprit. Tout cela les enflammera d'une vie nouvelle. Leur corps las, leur esprit fatigué seront revigorés, leur cœur lourd sera soulagé.

Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas d'un instant passé en présence du Christ, mais d'un contact personnel, de relations intimes avec lui. Quel bonheur pour les enfants de nos familles, les élèves de nos écoles, lorsque les parents et les maîtres feront dans leur propre vie l'expérience précieuse que nous rapporte le Cantique des Cantiques:

Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,
Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
A son ombre, j'ai désiré m'asseoir,
Et son fruit est doux à mon palais.
Il m'a introduite dans la maison du vin;
Et la bannière qu'il déploie sur moi, c'est l'amour.
(Cantique des cantiques 2:3, 4)