Éducation

Chapitre 28

Le vêtement et l’éducation

Toute glorieuse est la fille du roi dans l'intérieur (du palais) (Psaumes 45:14).

Aucune éducation n'est complète si elle ne s'intéresse pas au vêtement. Trop souvent le travail éducatif est retardé, faussé même par un défaut d'enseignement dans ce domaine. L'amour du vêtement, l'attachement à la mode sont souvent les rivaux du maître et peuvent devenir de redoutables obstacles.

La mode est une souveraine à la poigne de fer. Dans de nombreux foyers, parents et enfants consacrent leur attention, leur énergie, leur temps à la suivre. Les riches font assaut d'élégance pour être au goût du jour; les classes moyennes, les classes pauvres s'évertuent à respecter les critères établis par ceux qui sont, soi-disant, "au-dessus" d'eux. Lorsque les moyens manquent et que les prétentions abondent, la situation devient presque intolérable.

Beaucoup de gens ne se soucient pas de savoir si un vêtement leur va bien, ni même s'il est beau; que la mode change et il faudra le refaire ou le mettre de côté. La maisonnée est condamnée à travailler sans cesse. Pas un instant pour s'occuper des enfants, pour prier ou étudier la Bible, pour aider les petits à rencontrer Dieu à travers ses œuvres.

Pas un instant, pas un sou pour secourir les autres. Et souvent, on lésine sur la nourriture: mal choisie, préparée à la hâte, elle ne répond pas correctement aux besoins de l'organisme. D'où de mauvaises habitudes alimentaires, qui engendrent l'intempérance et la maladie.

L'amour de l'ostentation mène au gaspillage et arrête beaucoup de jeunes dans leur élan vers une vie plus noble. Au lieu de chercher à s'instruire, certains se lancent trop tôt dans un travail qui leur permettra de gagner de l'argent... pour satisfaire leur passion du vêtement. Combien de jeunes filles sont séduites et perdues par cette passion!

Dans bien des familles, les ressources sont insuffisantes. Le père, incapable de satisfaire les exigences de la mère et des enfants, se laisse aller à la malhonnêteté, et là encore surgissent la honte et la misère.

Le jour du culte, le service lui-même ne sont pas à l'abri de la puissance de la mode, mais lui donnent plutôt l'occasion de se manifester. Le temple devient un lieu de parade, où l'on est plus attentif aux toilettes qu'au sermon. Les pauvres, qui ne peuvent suivre les exigences de la mode, restent complètement à l'écart de l'église. Le jour du repos s'écoule dans l'oisiveté et les jeunes se retrouvent souvent dans des groupes qui leur sont néfastes.

À l'école, il arrive que les filles, à cause de leur habillement inadéquat, peu commode, ne puissent profiter ni de l'étude ni de la détente. Leur esprit est préoccupé et le maître à fort à faire pour éveiller leur intérêt.

Pour rompre le charme qu'exerce la mode, le moyen le plus efficace dont dispose le maître est souvent le contact avec la nature. Faites savourer aux élèves la joie de se trouver au bord d'une rivière, d'un lac, de la mer; faites-leur escalader les collines, admirer le coucher du soleil, explorer les champs et les bois; qu'ils apprennent à cultiver plantes et fleurs; alors rubans et dentelles sombreront dans l'oubli.

Amenez les jeunes à comprendre que la profondeur d'esprit réclame la simplicité du vêtement comme de la nourriture. Qu'ils mesurent tout ce qu'il y a à apprendre, à faire; qu'ils sentent combien il est important de se préparer, dans sa jeunesse, à l'œuvre de la vie. Aidez-les à distinguer les trésors que contiennent la Parole de Dieu, le livre de la nature, la vie des grands hommes.

Dirigez leurs esprits vers les souffrances qu'ils peuvent soulager. Qu'ils prennent conscience que chaque somme gaspillée les empêchera de nourrir les affamés, vêtir ceux qui sont nus, consoler les affligés.

Ils ne peuvent négliger les magnifiques occasions que leur offre la vie, étouffer leur esprit, gâcher leur santé, détruire leur bonheur pour se conformer à des usages qui ne se fondent ni sur la raison, ni sur le bien-être, ni sur le bon goût.

En même temps la jeunesse doit étudier la leçon de la nature: "Tout ce qu'il a fait est beau en son temps." (Ecclésiaste 3:11) Que ce soit par notre vêtement, ou de toute autre façon, nous avons le privilège de pouvoir honorer notre Créateur. Il désire que notre habillement soit net et sain, mais aussi convenable et seyant.

On juge les gens sur leurs vêtements. Une tenue simple et correcte sera le signe d'un goût délicat, d'un esprit cultivé. Des habits sobres, joints à un comportement réservé, seront pour une jeune femme un bouclier sacré contre bien des dangers.

Enseigner aux jeunes filles l'art de bien s'habiller signifie aussi leur enseigner à faire leurs propres vêtements. Chaque jeune fille devrait en avoir l'ambition; elle ne doit pas manquer cette occasion d'être utile et indépendante.

Il est bon d'aimer le beau et de le rechercher; mais Dieu désire que nous aimions et recherchions avant tout le beau suprême-celui qui ne périt pas. Les réalisations humaines les plus belles ne peuvent rivaliser avec cette beauté de caractère qui est d'un grand prix aux yeux du Seigneur.

Amenons les jeunes et les enfants à choisir pour eux-mêmes cette robe royale tissée au ciel-de fin lin, éclatant et pur (Apocalypse 19:8), que tous les saints de la terre porteront. Cette robe, symbole du caractère sans tache du Christ, est offerte gratuitement à chaque être humain. Mais tous ceux qui l'acceptent la recevront et la revêtiront ici-bas.

Les enfants doivent comprendre qu'en ouvrant leur esprit à des pensées pures et aimantes, en accomplissant des actes bienveillants et secourables, ils se parent de ce vêtement magnifique. Cette robe sera pour eux signe de beauté et d'amour sur terre et leur permettra plus tard d'être reçus dans le palais du roi. "Ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu'ils en sont dignes." (Apocalypse 3:4)