Éducation

Chapitre 27

Le comportement

L'amour [...] ne fait rien de malhonnête (1 Corinthiens 13:5).

La politesse est trop peu appréciée. Beaucoup de gens au bon cœur ont des manières rudes. Beaucoup de ceux dont la sincérité et la droiture inspirent le respect manquent d'amabilité. Ce défaut ternit leur propre bonheur et porte atteinte à la qualité de leur service. Combien d'expériences, qui pourraient être parmi les plus agréables, les plus utiles, sont souvent manquées par défaut de courtoisie-de réflexion, tout simplement.

Parents et maîtres devraient tout particulièrement cultiver la bonne humeur et la politesse. Tous devraient avoir une attitude joyeuse, une voix douce, des manières aimables: ce sont des armes puissantes. Les enfants sont attirés par un comportement gai, épanoui. Soyez bons et courtois envers eux, ils agiront de même envers vous et entre eux.

La vraie politesse ne s'apprend pas simplement en respectant les usages. Il faut observer sans cesse un comportement correct; tant qu'il n'y a pas de compromis sur les principes, il nous sera facile de nous conformer aux coutumes, par égard pour les autres; mais la véritable courtoisie ne demande pas de sacrifier les principes aux habitudes établies. Elle ignore les castes et enseigne le respect de soi, le respect de la dignité humaine, la considération pour chacun des membres de la grande famille humaine.

Il y aurait danger à s'attacher trop aux manières extérieures, à consacrer trop de temps à une éducation de politesse formelle. Les efforts acharnés que demandent aux jeunes la vie, les travaux durs, rebutants souvent, que réclame chaque journée, surtout lorsqu'il s'agit de rendre moins lourd le fardeau humain d'ignorance et de misère, laissent peu de place aux conventions.

Beaucoup de ceux qui mettent l'accent sur les convenances ont peu de respect pour tout ce qui échappe à leurs normes, même si la valeur en est grande. Ils sont victimes d'une fausse éducation qui entretient l'orgueil, la critique et l'étroitesse d'esprit.

Avoir de la considération pour autrui, voilà l'essence de la vraie politesse. L'éducation indispensable, durable, élargit le cœur et mène à une sympathie universelle. Ce prétendu savoir-vivre qui ne conduit pas les jeunes à respecter leurs parents, à en apprécier les qualités, à en accepter les défauts, à leur apporter de l'aide; qui ne les rend pas prévenants et compatissants, généreux et prêts à soutenir les plus jeunes qu'eux, les personnes âgées, les malheureux, courtois envers chacun, est un échec.

C'est à l'école du divin Maître, bien mieux que par l'observance des règles établies, que l'on acquiert une pensée et des façons pleines de délicatesse. Lorsque l'amour de Dieu pénètre le cœur de l'homme, il imprègne le caractère d'une sensibilité à l'image de la sienne. Cette éducation-là confère une dignité et une correction célestes; elle fait naître une douceur, une bonté qu'aucun vernis de bonne société ne peut égaler.

La Bible nous invite à être courtois, et nous propose de nombreux exemples de la générosité, de la douce distinction, de l'humeur aimable qui caractérisent la véritable politesse. Ce sont des reflets du caractère du Christ. Toute la bienveillance, toute la courtoisie du monde viennent de lui, même en ceux qui ne reconnaissent pas son nom. Il désire que ses enfants les reflètent parfaitement, et qu'à travers eux les hommes puissent le contempler.

Le meilleur traité de savoir-vivre se compose de cet ordre précieux que le Seigneur nous a donné, et des paroles que le Saint-Esprit inspira à l'apôtre Paul; il doit être gravé à jamais dans les mémoires humaines, que l'on soit jeune ou vieux:

"Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres." (Jean 13:34)

"L'amour est patient, l'amour est serviable, il n'est pas envieux; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il ne médite pas le mal, il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne succombe jamais." (1 Corinthiens 13:4-8)

Il nous faut aussi apprendre et encourager la révérence. C'est le sens de son infinie grandeur, la conscience de sa présence qui nous inspirent envers Dieu du respect. Le cœur des enfants doit également en être imprégné. Nous devons enseigner aux petits que le lieu, le moment de la prière, des services religieux sont sacrés, parce que Dieu est présent. Si notre comportement témoigne de notre respect, notre conscience de Dieu ne pourra que s'approfondir.

Il serait bon pour tous, jeunes et vieux, d'étudier, de méditer, de répéter souvent des paroles de l'Ecriture qui nous montrent comment considérer le lieu où Dieu se manifeste d'une façon particulière:

"Ôte tes sandales de tes pieds", dit l'Eternel à Moïse devant le buisson ardent, "car l'endroit sur lequel tu te tiens est une terre sainte" (Exode 3:5).

Et Jacob, après avoir contemplé en vision les anges, s'écria: "Vraiment le Seigneur est ici, mais je ne le savais pas. [...] Ce n'est rien de moins que la maison de Dieu et la porte du ciel!" (Genèse 28:16, 17), La Bible en français courant.

"L'Éternel est dans son saint temple. Que toute la terre fasse silence devant lui!" (Habakuk 2:20)

Car l'Eternel est un grand Dieu,
Il est un grand roi au-dessus de tous les dieux. [...]
Venez, prosternons-nous, courbons-nous,
Fléchissons le genou devant l'Eternel qui nous a faits.
(Psaumes 95:3, 6)

C'est lui qui nous a faits, et nous sommes à lui:
Son peuple et le troupeau de son pâturage.
Entrez dans ses portes avec reconnaissance,
Dans ses parvis avec la louange!
Célébrez-le, bénissez son nom!
(Psaumes 100:3, 4)
Du respect aussi pour le nom de Dieu. Jamais il ne devrait être prononcé à la légère, négligemment. Lorsque nous prions même, nous devrions éviter de le répéter fréquemment ou sans raison. "Son nom est saint et redoutable." (Psaumes 111:9) Les anges, lorsqu'ils le prononcent, se voilent la face. Quel respect doit être le nôtre, à nous hommes déchus et pécheurs, lorsque nous le prononçons!

Nous devons révérer la Parole de Dieu, traiter respectueusement le Livre imprimé, ne pas l'utiliser sans réfléchir, ni le manier sans faire attention. Jamais on ne devrait citer l'Ecriture en plaisantant, ou la paraphraser pour faire un trait d'esprit. "Les paroles de l'Eternel sont des paroles pures; un argent éprouvé au creuset de la terre, et sept fois épuré." (Psaumes 12:7. Cf. Proverbes 30:5)

Les enfants doivent apprendre, par-dessus tout, que l'obéissance atteste le respect. Dieu ne demande rien qui ne soit essentiel, et le meilleur moyen de lui marquer notre respect est de se soumettre à ses commandements.

Il faut honorer aussi les représentants de Dieu, pasteurs, enseignants, parents appelés à parler, à agir de sa part; c'est le Seigneur que nous honorons à travers eux.

D'autre part, Dieu nous enjoint tout spécialement de vénérer tendrement les personnes âgées. "Les cheveux blancs sont une magnifique couronne; c'est sur la voie de la justice qu'on la trouve." (Proverbes 16:31) Cette couronne témoigne de batailles livrées, de victoires remportées; de fardeaux portés, de tentations rejetées. Elle parle de pieds fatigués, qui bientôt cesseront de marcher, de places bientôt vides. Aidez les enfants à comprendre tout cela, pour que, par leur respect, leur courtoisie, ils aplanissent le chemin des gens âgés, pour que leurs jeunes vies rayonnent de grâce et de beauté tandis qu'ils observeront ce commandement: "Tu te lèveras devant les cheveux blancs et tu honoreras la personne du vieillard." (Lévitique 19:32)

Les pères, les mères, les enseignants doivent mesurer plus pleinement la responsabilité et l'honneur que Dieu leur accorde en les plaçant auprès des enfants comme ses envoyés. C'est par un contact quotidien avec eux que les enfants comprendront, bien ou mal, ces paroles divines: "Comme un père a compassion de ses fils, l'Eternel a compassion de ceux qui le craignent." (Psaumes 103:13) "Comme un homme que sa mère console, ainsi moi je vous consolerai." (Ésaïe 66:13)

Heureux l'enfant en qui ces mots éveillent l'amour, la reconnaissance, la confiance; l'enfant qui, à travers la tendresse, l'équité, la patience de ses parents et de ses maîtres, sentira la tendresse, la justice, la patience de Dieu; l'enfant qui, confiant en ses protecteurs terrestres, docile et respectueux, apprend à s'en remettre au Seigneur, à lui obéir et à l'honorer. Celui qui enseigne un enfant, un élève, selon ces voies, lui fait don d'un trésor plus précieux que toutes les richesses de tous les temps, un trésor qui gardera éternellement sa valeur.