Éducation

Chapitre 3

La connaissance du bien et du mal

Comme ils n’ont pas jugé bon d’avoir la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à une mentalité réprouvée (Romains 1:28).

Nos premiers parents, créés saints et purs, n’étaient cependant pas hors d’atteinte du péché. Dieu aurait pu les créer incapables de transgresser ses commandements, mais leur caractère n’aurait alors connu aucun développement; c’est par contrainte et non par choix qu’ils auraient servi Dieu. Aussi leur donna-t-il le pouvoir de choisir—l’accepter pour maître ou le rejeter. Avant qu’ils puissent recevoir dans leur plénitude les bénédictions que le Seigneur désirait leur accorder, il fallait que leur amour et leur fidélité soient éprouvés.

Il y avait, dans le jardin d’Eden, « l’arbre de la connaissance du bien et du mal [...] Et l’Éternel Dieu donna ce commandement à l’homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » (Genèse 2:9, 16, 17) La volonté de Dieu, c’était qu’Adam et Ève ne connaissent pas le mal. La connaissance du bien leur avait été accordée gratuitement; mais la connaissance du mal—du péché et de ses conséquences, travail épuisant, angoisse, déception et chagrin, souffrance et mort—cela, l’amour le taisait.

Tandis que Dieu recherchait le bonheur de l’homme, Satan travaillait à sa perte. Ève, méprisant l’avertissement de Dieu à propos de l’arbre défendu, s’aventura auprès de cet arbre et rencontra là son ennemi. Satan, voyant que l’intérêt et la curiosité de la femme étaient éveillés, entreprit de contester la parole de Dieu, et de jeter le doute sur sa sagesse et sa bonté. Et lorsque Ève rapporta la défense de Dieu concernant l’arbre de la connaissance: « Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez », le tentateur répondit: « Vous ne mourrez pas du tout! Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. » (Genèse 3:3-5)

Satan voulait faire croire que la connaissance du bien et du mal serait une bénédiction, et qu’en empêchant Adam et Ève de prendre du fruit de l’arbre, Dieu les privait d’un grand bien. Il insista sur le fait que ce fruit leur avait été interdit parce qu’il possédait la faculté merveilleuse de donner sagesse et pouvoir, et que Dieu voulait ainsi les empêcher d’atteindre un état supérieur et un plus grand bonheur. Il déclara qu’il avait lui-même mangé du fruit défendu, et avait de ce fait acquis le pouvoir de parler; s’ils en mangeaient eux aussi, leur existence serait d’un tout autre niveau, et leurs connaissances plus vastes.

Lorsque Satan proclamait avoir retiré le plus grand bien du fruit défendu, il se gardait bien de laisser voir qu’il avait été banni du ciel pour cause de désobéissance. Son mensonge était si bien dissimulé sous un vernis de vérité qu’Ève, la tête tournée par des flatteries et des tromperies, ne le perçut pas. Elle convoitait ce que le Seigneur lui avait interdit; elle se défiait de la sagesse de Dieu. Elle rejetait la foi en lui, clé de toute connaissance.

Lorsque Ève vit « que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement, elle prit de son fruit et en mangea ». Il avait un goût flatteur, et tout en mangeant, Ève crut sentir une force vivifiante la parcourir, et s’imagina qu’elle accédait à un niveau d’existence supérieur. Elle avait désobéi, elle tenta son mari, « et il mangea » (Genèse 3:6).

« Vos yeux s’ouvriront », avait dit leur ennemi; « vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal » (Genèse 3:5). Certes, leurs yeux s’étaient ouverts; mais sur quel triste spectacle! Ce qu’ils avaient conquis par leur désobéissance, c’était de connaître le mal, et les malédictions du péché. Le fruit lui-même n’était pas toxique, et le péché n’était pas tant d’avoir succombé à la convoitise. C’est le manque de confiance dans la bonté de Dieu et dans sa parole, le rejet de son autorité qui firent de nos premiers parents des pécheurs et amenèrent le monde à connaître le mal. C’est cela qui ouvrit la porte à toutes sortes de mensonges et d’erreurs.

L’homme perdit tout en choisissant d’écouter l’imposteur plutôt que celui qui est la Vérité et qui seul possède l’intelligence. Le bien et le mal se mêlèrent dans son esprit jusqu’à l’obscurcir et en paralyser les facultés mentales et spirituelles. Il ne fut plus à même d’apprécier les biens que Dieu lui avait si généreusement accordés.

Adam et Ève avaient choisi de connaître le mal, et si jamais ils voulaient recouvrer la place qu’ils avaient perdue, ce devait être à travers les conditions difficiles qu’ils s’étaient eux-mêmes imposées. Ils n’habiteraient plus le jardin d’Eden, qui, dans sa perfection, ne pouvait leur apporter les enseignements dont ils avaient désormais profondément besoin. Pleins d’une tristesse inexprimable, ils dirent adieu à cet endroit magnifique et partirent sur la terre que marquait la malédiction du péché!

Dieu avait dit à Adam: « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, le sol sera maudit à cause de toi; c’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des chardons et des broussailles, et tu mangeras l’herbe de la campagne. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans le sol, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. » (Genèse 3:17-19)

Quoique la terre fût souillée par le péché, la nature demeurait le livre d’étude de l’homme. Un livre qui ne pouvait plus présenter le bien seulement; car le mal était partout présent, marquant la terre, la mer, l’air de son empreinte dégradante. Là où autrefois éclatait uniquement le caractère de Dieu, la connaissance du bien, se manifestait désormais aussi le caractère de Satan, la connaissance du mal. La nature, qui reflétait maintenant le bien et le mal, avertissait sans cesse l’homme des conséquences du péché.

Les fleurs fanèrent, les feuilles tombèrent: Adam et sa compagne assistaient aux premiers signes de déchéance. Devant eux se dressait l’implacable évidence: tout ce qui vit doit mourir. L’air lui-même, dont dépendait leur vie, portait des germes de mort.

Sans cesse revenait à leur esprit leur domination perdue. Adam avait régné sur les créatures inférieures et, aussi longtemps qu’il était resté fidèle à Dieu, la nature entière avait reconnu son autorité; mais par sa désobéissance, il perdit cette domination. L’esprit de rébellion, auquel il avait lui-même cédé le premier, se répandait à travers toute la création animale. Ainsi la vie de l’homme, mais aussi les bêtes, les arbres des forêts, l’herbe des champs, l’air qu’il respirait, tout répétait la triste leçon de la connaissance du mal.

Cependant l’homme n’était pas abandonné aux conséquences du mal qu’il avait choisi. Dans la condamnation prononcée contre Satan, il y avait l’annonce de la rédemption. « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, avait dit Dieu, entre ta descendance et sa descendance; celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui écraseras le talon. » (Genèse 3:15) Cette condamnation, prononcée devant nos premiers parents, était pour eux une promesse. Avant d’entendre parler de broussailles et de chardons, de dur labeur et de peine—leur part, désormais—et de cette poussière à laquelle ils devraient retourner, ils reçurent des paroles qui ne pouvaient manquer de les remplir d’espoir. Tout ce qui avait été perdu sous l’emprise de Satan pouvait être retrouvé à travers le Christ.

Cette promesse, la nature nous la répète aussi. Abîmée par le péché, elle n’en parle pas moins de création, et aussi de rédemption. Si, par des signes implacables de déclin, la terre témoigne de la malédiction, elle porte cependant les marques nombreuses et éclatantes d’un pouvoir de vie. Les arbres ne perdent leurs feuilles que pour être parés de nouveau; les fleurs fanent pour renaître resplendissantes de beauté; le moindre acte créateur nous affirme que nous pouvons être créés de nouveau « dans une justice et une sainteté que produit la vérité » (Éphésiens 4:24). Ainsi la nature, qui nous fait précisément comprendre tout ce que nous avons perdu, nous apporte en même temps un message d’espoir.

Où que frappe le mal, la voix de notre Père résonne; il invite ses enfants à ouvrir les yeux sur les résultats du péché, leur demande de renoncer au mal, les encourage à choisir le bien.