Conquérants pacifiques

Chapitre 57

L'Apocalypse

Aux temps apostoliques, les chrétiens étaient remplis d'ardeur et d'enthousiasme. Ils travaillaient pour leur Maître avec tant d'acharnement que dans une période relativement courte, et malgré l'opposition qu'ils durent braver, l'Évangile du royaume retentit dans toutes les parties du monde. Le zèle que manifestèrent à cette époque les disciples de Jésus a été relaté par la plume inspirée afin de servir d'encouragement aux chrétiens de tous les temps.

Au sujet de l'Église d'Éphèse, que le Seigneur cita pour symboliser l'Église des temps apostoliques, le témoin fidèle et véritable déclare : « Je connais tes oeuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs; que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t'es point lassé. » (Apocalypse 2:2,3)

L'Église d'Éphèse, à ses débuts, se caractérisa par une simplicité et une ferveur enfantines. Ses membres cherchaient de tout coeur à obéir à toutes les paroles de Dieu, et leur vie révélait un amour profond et sincère pour le Christ. Ils étaient heureux de faire la volonté divine, parce que le Sauveur habitait continuellement dans leur coeur. Ils débordaient d'amour pour leur Rédempteur et leur but le plus noble était de gagner des âmes. Ils ne gardaient pas pour eux-mêmes le précieux trésor de la grâce; ils sentaient l'importance de leur vocation et, chargés du message : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », ils brûlaient du désir de porter la bonne nouvelle du salut jusqu'aux extrémités de la terre. C'est ainsi que les peuples apprirent à connaître ceux qui avaient vécu avec Jésus. Les pécheurs, repentants, pardonnés, purifiés, sanctifiés furent amenés à Dieu par son Fils. Les chrétiens étaient unis par le coeur et par l'action. L'amour pour le Sauveur était la chaîne d'or qui les reliait entre eux. Ils continuaient à suivre le Christ pour le connaître toujours plus parfaitement, et leur vie reflétait sa joie et sa paix. Ils visitaient les veuves et les orphelins dans leurs afflictions; ils se gardaient des souillures du monde, se rendant compte que s'ils manquaient d'observer ces choses, ils seraient en contradiction avec leurs principes et renieraient ainsi le Rédempteur.

L'oeuvre se poursuivait dans chaque ville; les pécheurs se convertissaient et comprenaient qu'ils devaient transmettre à leur tour l'inestimable trésor qu'ils avaient reçu. Ils ne trouvaient de repos que lorsque la lumière qui avait illuminé leur esprit brillait sur leur prochain. Des multitudes d'incroyants connurent les raisons qui faisaient espérer les chrétiens; des appels personnels, inspirés et vibrants, étaient adressés aux égarés, aux proscrits, à ceux également qui, tout en prétendant connaître la vérité, aimaient le plaisir plus que Dieu. Mais après un certain temps, le zèle des croyants, leur amour pour le Seigneur et leur prochain commencèrent à décliner. La froideur se glissa dans l'Église. Plusieurs oublièrent la façon merveilleuse dont ils avaient connu la vérité. L'un après l'autre, les anciens défenseurs des grands principes tombèrent à leur poste. Quelques-uns des jeunes serviteurs de Dieu, qui auraient pu partager la charge de ces pionniers et ainsi être préparés à devenir de sages conducteurs, s'étaient fatigués de ces vérités souvent répétées. Ils désiraient quelque chose d'inédit et de plus frappant; ils tentèrent alors d'introduire des nouveautés plus agréables pour certains, mais nullement en harmonie avec les principes fondamentaux de l'Évangile. Ils ne discernaient pas, dans leur aveuglement spirituel et leur confiance en eux-mêmes, que ces sophismes allaient susciter le doute au sujet des expériences du passé, et provoquer la confusion et le scepticisme.

Tandis que ces fausses théories étaient prêchées, des différends surgirent, et de nombreux chrétiens se détournèrent de la contemplation de Jésus, « l'auteur et le consommateur de leur foi ». La discussion de points de doctrine sans intérêt, la complaisance dans les fables agréables d'invention humaine absorbaient le temps qui aurait dû être employé à proclamer l'Évangile. On négligeait d'avertir les multitudes, qui auraient pu se convertir grâce à une présentation fidèle de la vérité.

La piété décroissait rapidement, et Satan semblait être sur le point d'avoir la supériorité sur ceux qui se proclamaient les disciples du Christ. C'est à cette époque critique de l'histoire de l'Église que Jean fut condamné à l'exil. Jamais celle-ci n'avait eu un aussi grand besoin de son influence qu'à ce moment-là. Presque tous ses collaborateurs avaient subi le martyre; le reste des croyants devaient faire face à une opposition farouche. À vues humaines, le jour n'était pas éloigné où les ennemis de l'Église du Christ triompheraient. Mais la main du Seigneur se mouvait invisible dans l'ombre. Dieu, dans sa providence, plaça Jean à l'endroit où le Christ lui donnerait une magnifique révélation de la vérité divine en vue d'instruire les Églises. En exilant l'apôtre, les ennemis de l'Évangile avaient espéré réduire pour toujours au silence la voix du fidèle témoin de Dieu. Mais à Patmos le disciple reçut un message dont l'influence devait continuer à fortifier l'Église jusqu'à la fin des temps.

Bien qu'ils ne soient pas dégagés de la responsabilité de leur acte odieux, ceux qui avaient exilé Jean devinrent, dans la main de Dieu, des instruments pour accomplir les desseins du ciel. Et la lutte même entreprise pour éclipser la lumière servit à donner à la vérité un relief saisissant.

Ce fut le jour du sabbat que le Seigneur de gloire apparut à l'apôtre en exil. Jean observait le sabbat aussi fidèlement sur l'île de Patmos que dans les villes et les villages de la Judée, alors qu'il y prêchait l'Évangile. Il revendiquait comme siennes les précieuses promesses qui avaient été faites au sujet de ce jour. « Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, écrit-il, et j'entendis derrière moi une voix forte, comme le son d'une trompette, qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre. ... Je me retournai pour connaître quelle était la voix qui me parlait. Et, après m'être retourné, je vis sept chandeliers d'or, et, au milieu des sept chandeliers, quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme. » (Apocalypse 1:10-13)

Ce disciple bien-aimé était richement béni. Il avait vu autrefois l'angoisse de Jésus et assisté à son agonie dans le jardin de Gethsémané, alors qu'il suait des grumeaux de sang. Il avait vu son « visage défiguré, tant son aspect différait de celui des fils de l'homme » (Ésaïe 52:14). Il l'avait vu livré à la merci des soldats romains, revêtu par dérision d'un vieux manteau de pourpre, et couronné d'épines. Il l'avait vu cloué sur la croix, assailli d'injures et de sarcasmes.

Une fois de plus, il fut permis à Jean de contempler son Seigneur. Mais comme il avait changé! Ce n'était plus « l'homme de douleur, méprisé et abandonné des hommes ». Il était revêtu d'un habit resplendissant. « Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige; ses yeux étaient comme une flamme de feu; ses pieds étaient semblables à de l'airain ardent, comme s'il eût été embrasé dans une fournaise ». (Apocalypse 1:14,15,17) Sa voix était comme le bruit des grandes eaux. Son aspect était semblable à celui du soleil. Il avait sept étoiles dans sa main droite, et de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants, emblème de la puissance de sa Parole. Patmos resplendissait de la gloire du Sauveur ressuscité. « Quand je le vis, écrit Jean, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite, en disant : Ne crains point! »

Des forces furent communiquées à Jean, afin qu'il puisse subsister en présence de son Sauveur glorifié. Puis, devant ses yeux émerveillés, les gloires du ciel lui furent révélées. Il lui fut permis d'admirer le trône de Dieu et, par-delà les conflits terrestres, de contempler la foule des rachetés vêtus de robes blanches. Il entendit la musique des anges et les chants de triomphe de ceux qui avaient « vaincu à cause du sang de l'agneau et à cause de la parole de leur témoignage ».

Dans la révélation qui lui fut donnée, il vit se dérouler des scènes palpitantes d'intérêt se rapportant à l'histoire du peuple de Dieu, et eut un aperçu de la vie de l'Église jusqu'à la fin des temps. Par des images et des symboles, des sujets de grande importance lui furent présentés – sujets qu'il devait transcrire, afin que le peuple de Dieu de cette époque et des temps futurs puisse avoir une claire compréhension des périls et des conflits qu'il lui faudrait affronter.

Cette révélation – cette Apocalypse – fut donnée pour guider et encourager l'Église pendant toute la dispensation chrétienne. Cependant, des théologiens prétendent que l'Apocalypse est un livre scellé et que ses mystères ne sauraient être expliqués. C'est pourquoi beaucoup se sont détournés de la parole prophétique et ont refusé d'en approfondir les mystères. Mais Dieu ne veut pas que son peuple considère ainsi ce livre. C'est la « révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt ». « Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, dit le Seigneur, et qui gardent les choses qui y sont écrites! Car le temps est proche. » (Apocalypse 1:1,3) « Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. » (Apocalypse 22:18-20)

L'Apocalypse évoque les profondeurs de Dieu. Le nom même d'Apocalypse ou de Révélation, qui fut donné à ces pages inspirées, contredit ceux qui prétendent que ce livre est un livre scellé. Une révélation est quelque chose de compréhensible. Le Seigneur lui-même a révélé à son serviteur les mystères contenus dans ce livre, et il veut que son étude soit accessible à tous. Ses vérités sont adressées à tous ceux qui vivront à la fin des temps, comme à ceux qui vivaient à l'époque de Jean. Quelques-unes des scènes décrites dans cette prophétie concernent le passé, d'autres se déroulent sous nos yeux. Quelques-unes nous donnent un aperçu de la fin du grand conflit engagé entre les puissances des ténèbres et le Prince du ciel, et d'autres décrivent le triomphe et les joies des rachetés dans la terre renouvelée. Si l'on ne peut saisir le sens de tous les symboles de l'Apocalypse, nul ne saurait en déduire qu'il est inutile de sonder ce livre pour comprendre les vérités qu'il contient. Dieu, qui a révélé ces mystères à Jean, donnera un avant-goût des choses célestes à quiconque cherchera diligemment à les connaître. Celui dont le coeur est prêt à les recevoir sera rendu capable de comprendre leurs enseignements, et il lui sera accordé les bénédictions promises à ceux « qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites ».

Tous les livres de la Bible se résument et s'achèvent dans l'Apocalypse, qui complète le livre de Daniel. Ce dernier est une prophétie; l'autre, une révélation. Le livre qui fut scellé n'est pas l'Apocalypse, mais cette partie de la prophétie de Daniel qui se rapporte aux derniers jours. L'ange ordonna : « Toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles, et scelle le livre jusqu'au temps de la fin. » (Daniel 12:4) C'est le Christ qui commanda à Jean d'écrire ce qui allait lui être révélé. « Ce que tu vois, lui dit-il, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée. » « J'étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. ... Écris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles, le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises. » (Apocalypse 1:11,18-20)

Les noms des sept Églises symbolisent l'Église du Christ aux différentes périodes de l'ère chrétienne. Le chiffre sept indique la plénitude et fait ressortir que les messages s'étendent jusqu'à la fin des temps, alors que les symboles employés révèlent la condition de l'Église aux différentes époques de l'histoire du monde.

Le Christ est représenté au milieu des chandeliers d'or, symbolisant ainsi ses rapports avec les Églises. En effet, il est en communication constante avec son peuple. Il connaît sa véritable condition; il observe son organisation, sa piété, sa consécration. Bien qu'il soit grand prêtre et médiateur dans le sanctuaire céleste, il est représenté allant et venant sur la terre parmi ses Églises. Avec une sollicitude qui ne se relâche jamais, il veille pour voir si la lumière de l'une de ses sentinelles ne faiblit ou ne s'éteint pas. Si les chandeliers étaient abandonnés aux seuls soins des hommes, la flamme vacillerait, languirait et mourrait; mais il est, lui, la véritable sentinelle de la maison de Dieu, le vrai gardien des parvis du temple. Ses soins vigilants et sa grâce constante sont une source de vie et de lumière. Le Christ est aussi représenté comme tenant les sept étoiles dans sa main droite. Ceci nous assure qu'aucune Église fidèle à sa mission ne doit avoir peur d'échouer dans sa tâche car aucune étoile placée sous la protection de l'Omnipotent ne peut être ravie de la main du Christ.

« Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite. » (Apocalypse 2:1) Ces paroles s'adressent à ceux qui, ayant reçu mission d'instruire l'Église, se trouvent chargés par Dieu de lourdes responsabilités. Les douces influences qui doivent régner dans l'Église dépendent d'eux. Il faut qu'ils reflètent l'amour du Christ. Les étoiles sont sous le contrôle du Seigneur; c'est lui qui les fait luire; il les guide, il dirige leurs mouvements. Sans cela, elles ne seraient que des étoiles filantes. Ainsi en est-il des serviteurs de Dieu. Ce ne sont que des instruments entre ses mains, et tout le bien qu'ils accomplissent se fait par son pouvoir. Il fait briller sa lumière par leur intermédiaire. C'est en lui qu'ils doivent puiser leurs énergies. S'ils regardent à lui comme lui regarde au Père, ils seront rendus capables d'accomplir son oeuvre. Et tandis qu'ils seront sous la dépendance de Dieu, la lumière céleste leur sera communiquée, et ils la refléteront à leur tour dans le monde.

Dès les origines de l'Église, le mystère de l'iniquité, prédit par l'apôtre Paul, commença son oeuvre néfaste. Les faux docteurs, contre lesquels Pierre avait mis les chrétiens en garde, prêchaient leurs hérésies, et de nombreux croyants étaient égarés par leurs fausses doctrines. Quelques-uns vacillaient dans l'épreuve, et ils étaient tentés de renier la foi.

À l'époque où Jean écrivit l'Apocalypse, beaucoup avaient abandonné leur premier amour de la vérité évangélique. Mais dans sa miséricorde, Dieu ne permit pas à l'Église de persister dans son apostasie. Par un message d'une tendresse infinie, il lui révéla son amour et son désir de lui voir faire un travail durable pour l'éternité : « Souviens-toi donc, dit le Christ, d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières oeuvres. » (Apocalypse 2:5)

L'Église était en défaut; elle avait besoin de reproches et de blâmes sévères. Dieu inspira Jean pour qu'il adressât des réprimandes et des avertissements à ceux qui, perdant de vue les principes fondamentaux de l'Église, mettaient leur salut en péril. Mais c'est toujours avec un tendre amour et des promesses de paix que Dieu prononce les paroles de réprobation qu'il juge nécessaires. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe, dit-il. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3:20)

Et pour ceux qui, au milieu du conflit, conserveraient leur foi en Dieu, le prophète reçut ces paroles d'espérance et de louange : « Je connais tes oeuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. ... Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. » Chaque chrétien était ainsi exhorté : « Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir. » « Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. » (Apocalypse 3:8,10,2,11)

C'est par celui qui déclarait être un « frère et un compagnon dans la tribulation » (Apocalypse 1:9) que le Christ révéla à son Église les souffrances qu'elle devrait endurer par amour pour lui. En regardant à travers de longs siècles de ténèbres et de superstitions, le vieillard exilé apercevait des multitudes subissant le martyre pour l'amour de la vérité. Mais il savait que celui qui avait soutenu ses premiers témoins n'abandonnerait pas ses disciples pendant les siècles de persécution qu'ils devraient affronter avant la fin des temps. « Ne crains pas ce que tu vas souffrir, déclare le Seigneur. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation. ... Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » (Apocalypse 2:10)

Et Jean entendit la promesse faite à tous les fidèles qui luttent contre le mal : « À celui qui vaincra, je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. ... Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. ... Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. » (Apocalypse 2:7; 3:5,21)

Jean vit la miséricorde, la tendresse et l'amour de Dieu se confondant avec sa sainteté, sa justice, sa puissance. Il vit les pécheurs qui trouvaient en Dieu un Père, alors que leurs fautes le leur avaient rendu redoutable. Et, jetant les regards par-delà l'apogée du grand conflit, il contemplait Sion et « ceux qui avaient vaincu ... debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu. Et ils chantaient le cantique de Moïse et de l'agneau. » (Apocalypse 15:2,3)

Le Seigneur fut montré à Jean sous l'emblème « du lion de la tribu de Juda » et d'« un agneau qui était là comme immolé » (Apocalypse 5:5,6). Ces symboles représentent l'union de la toute-puissance et de l'amour immolé. Le lion de Juda, si terrible aux contempteurs de sa grâce, deviendra l'agneau de Dieu pour tous ceux qui sont fidèles et obéissants. La colonne de feu, qui parle de colère et de terreur au transgresseur de la loi, est un gage de lumière, de grâce et de délivrance pour celui qui observe les préceptes divins.

Le bras puissant qui réprime les rébellions sera aussi fort pour délivrer l'homme intègre. Tous ceux qui sont fidèles seront sauvés : « Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autre. » (Matthieu 24:31)

Comparativement aux millions d'hommes qui occupent la terre, le peuple de Dieu sera, comme il l'a toujours été, un petit troupeau. Mais s'il persévère dans la vérité telle qu'elle est révélée dans la Parole, Dieu sera pour lui un refuge : l'immense bouclier du Tout-Puissant le protégera. Dieu représente toujours une majorité. Quand le son de la dernière trompette se fera entendre, quand la justice triomphera et que ces paroles seront prononcées : « Ô mort, où est ta victoire? Ô mort, où est ton aiguillon? » (1 Corinthiens 15:55), alors, avec Dieu, avec le Christ, avec les anges et avec les hommes fidèles et sincères de tous tes temps, les élus seront en forte majorité.

Les vrais disciples du Christ suivent leur Maître dans les rudes combats de la vie; ils renoncent à eux-mêmes et endurent les plus amères contrariétés. Mais ces difficultés leur font mieux comprendre la malignité du péché, et ils sont amenés à considérer celui-ci avec horreur. Participant aux souffrances du Christ, ils participeront aussi à sa gloire. Dans sa vision sublime, Jean aperçut le triomphe final du « reste » de l'Église de Dieu. Il écrit : « Je vis comme une mer de verre, mêlée de feu, et ceux qui avaient vaincu ... debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu. Et ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l'agneau, en disant : tes oeuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu tout-puissant! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations! » (Apocalypse 15:2,3) « Je regardai, et voici, l'agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts. » (Apocalypse 14:1) Leurs pensées, ici-bas, avaient été consacrées à Dieu; ils l'avaient servi par leur intelligence et leur coeur, et maintenant le Seigneur pouvait placer son nom sur leurs fronts. « Et ils régneront aux siècles des siècles. » (Apocalypse 22:5) Ils n'auront pas à s'inquiéter de savoir où est leur place; ils feront partie de ceux à qui le Christ dit : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Dieu les accueille comme ses enfants et dit à chacun d'eux : « Entre dans la joie de ton Maître. » (Matthieu 25:34,21)

« Ils suivent l'agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l'agneau. » (Apocalypse 14:4) La vision de Jean décrit les rachetés se tenant debout sur la montagne de Sion, parés pour le service divin et revêtus « d'un fin lin, éclatant, pur » – ce fin lin qui est la justice des saints. Cependant, ceux qui suivent l'Agneau dans le ciel doivent d'abord l'avoir suivi sur la terre, non par contrainte, non par impulsion, mais avec une obéissance volontaire, faite d'amour et de fidélité, comme le troupeau suit le berger. « Et la voix que j'entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leurs harpes. ... Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n'est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre. ... Et dans leur bouche il ne s'est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles. » (Apocalypse 14:2,3,5) « Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. ... Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël. ... Les douze portes étaient douze perles; chaque porte était d'une seule perle. La place de la ville était d'or pur, comme du verre transparent. Je ne vis point de temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout-puissant est son temple. » (Apocalypse 21:2,11,12) « Il n'y aura plus d'anathème. Le trône de Dieu et de l'agneau sera dans la ville; ses serviteurs le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Il n'y aura plus de nuit; et ils n'auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. » (Apocalypse 21:3-5)

« Et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. »

« Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville! » (Apocalypse 22:1,2,14)

« Et j'entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. » (Apocalypse 21:3)