Christ et sa justice

Chapitre 14

Illustrations pratiques de la délivrance de l'esclavage

Maintenant, approfondissons quelques illustrations au sujet de la puissance de la foi pour délivrer de l’esclavage. Lisons Luc 13:10-17 : « Jésus enseignait dans une des synagogues, le jour du Sabbat. Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait aucunement se redresser. Lorsqu’il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il lui imposa les mains. À cet instant elle se redressa, et glorifia Dieu. Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de Sabbat, dit à la foule : il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et nom pas le jour du Sabbat. Hypocrites! lui répondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du Sabbat, ne détache pas de la crèche son boeuf ou son âne, pour le mener boire? Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ces chaînes le jour du Sabbat? Tandis qu’il parlait ainsi tous ses adversaires étaient confus, et la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qu’il faisait. »

Oublions la critique du chef hypocrite, et considérons le miracle. La femme était esclave; nous avons été, par crainte de la mort, durant toute notre vie sujet à l’esclavage. Satan avait asservi cette femme; Satan a aussi posé des pièges sous nos pieds, et nous a conduits en captivité. Elle ne pouvait d’aucune façon se libérer elle-même; nos iniquités nous ont saisis, de sorte que nous sommes incapables de regarder en haut (Psaume 40:12). Avec une parole et un contact, Jésus libéra la femme de ses infirmités; nous avons le même souverain sacrificateur, maintenant dans les cieux, qui est touché par le sentiment de nos infirmités, et la même parole nous délivrera du mal.

Dans quel but les miracles de guérison accomplis par Jésus, ont-ils été racontés? Jean nous le dit: Ce ne fut pas simplement pour démontrer qu’il peut guérir la maladie, mais pour montrer Son pouvoir sur le péché. Voir Matthieu 9:2-8. Jean dit :

« Jésus a fait en présence de ses disciples beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie par son nom » (Jean 20:30,31).

Ainsi, nous voyons qu’ils furent rapportés simplement comme des illustrations de l’amour de Christ, de Sa disposition à guérir, et de Son pouvoir sur les oeuvres de Satan, que ce soit dans le corps ou dans l’âme. Un miracle de plus suffira : c’est celui qui est rapporté dans le troisième chapitre des Actes. Je demande au lecteur de le lire attentivement dans sa Bible, car je n’en donnerai pas les détails ici.

Pierre et Jean virent à la porte du temple un homme de plus de quarante ans, qui était boiteux de naissance. Il ne savait pas ce que c’était que de marcher. Il mendiait, et Pierre se sentit poussé par l’Esprit à lui donner quelque chose de meilleur que de l’argent ou de l’or. Il lui dit : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche! Et le prenant par la main droite, il le fit lever. Au même instant, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes; d’un saut il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra dans le temple, marchant, sautant, et louant Dieu » (Actes 3:6-8).

Ce miracle remarquable réalisé en faveur de quelqu’un que tous connaissaient causa une grande agitation parmi le peuple; et quand Pierre vit leur étonnement, il leur expliqua comment le miracle avait eu lieu :

« Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela? Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si nous eussions fait marcher cet homme? Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de vos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous avez livré... Vous avez fait mourir le prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts; nous en sommes témoins. C’est par la foi en son nom que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez; c’est la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison, en présence de vous tous » (Actes 3:12-16).

Maintenant, faisons l’application pratique. « L’homme était boiteux de naissance », incapable de s’occuper de lui-même. Comme il désirait marcher! mais il ne le pouvait pas. Nous pouvons tous dire également avec David : « Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché » (Psaume 51:7). En conséquence, nous sommes par nature si faibles que nous ne pouvons pas faire les choses que nous voudrions. Comme chaque année de la vie de cet homme augmentait son incapacité à marcher, par l’augmentation du poids de son corps sans que ses jambes ne reçussent plus de force, de même l’habitude cultivée du péché, quand nous prenons de l’âge, renforce son pouvoir sur nous. Pour cet homme, marcher était une impossibilité absolue; cependant, le nom de Christ, par la foi en Lui, lui donna une santé parfaite et la délivrance de son infirmité. Nous aussi, par la foi qui vient de Lui, nous pouvons être guéris et rendus capables de faire ce qui jusque-là était impossible. Car les choses qui sont impossibles pour l’homme sont possibles pour Dieu. Il est le Créateur. « À ceux qui n’ont pas de puissance, il augmente la force ». Les héros du passé mettent en relief une des merveilles de la foi : c’est que par elle, ils « devinrent forts, de faibles qu’ils étaient ».

Ces exemples nous montrent comment Dieu délivre de l’esclavage ceux qui se confient en Lui. Maintenant, considérons la façon de conserver cette liberté.

Nous avons vu que, par nature, nous sommes tous esclaves du péché et de Satan, et que dès que nous nous soumettons à Christ, nous sommes délivrés du pouvoir de Satan. Paul dit: « Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice? » (Romains 6:16). Ainsi donc, dès que nous sommes libérés de l’esclavage du péché, nous devenons les serviteurs de Christ. En effet, l’acte même qui nous délivre de la puissance du péché, en réponse à notre foi, prouve que Dieu nous accepte comme ses serviteurs. Nous devenons, pour ainsi dire, les esclaves de Christ; mais celui qui est esclave du Seigneur est un homme libre, car nous sommes appelés à être libérés (Galates 5:13), et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté (2 Corinthiens 3:17).

Et alors, le conflit réapparaît. Satan n’est pas disposé à renoncer à son esclave. Il vient, armé du fouet de la tentation féroce pour nous soumettre à nouveau à son service. Nous savons, par triste expérience, qu’il est plus puissant que nous, et que sans aide, nous ne pouvons pas lui résister. Mais nous redoutons son pouvoir, et nous crions au secours. Alors, nous nous rappelons que nous ne sommes plus les serviteurs de Satan. Nous nous sommes soumis à Dieu, et par conséquent, Il nous a acceptés comme Ses serviteurs. Donc, nous pouvons dire avec le Psalmiste: « Ô Éternel! Je suis ton serviteur, ton serviteur, fils de ta servante. Tu as détaché mes liens » (Psaume 116:16). Mais le fait que Dieu a délié les liens par lesquelles Satan nous avait attachés — et Il l’a fait, si nous croyons qu’Il l’a fait — est la garantie que Dieu nous protégera, car Il prend soin des siens, et nous avons l’assurance « que celui qui a commencé en nous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6). Et grâce à cette confiance, nous sommes forts pour résister.

Si nous nous sommes abandonnés au service de Dieu, nous sommes ses serviteurs, autrement dit, nous sommes des instruments de justice entre Ses mains. (Lire Romains 6:13-16). Nous ne sommes pas des instruments sans vie, inertes, sans connaissance, comme ceux qu’utilise l’agriculteur, qui ne savent pas comment ils devront être utilisés, mais nous sommes des instruments vivants et intelligents, qui ont la possibilité de choisir leur tâche. Néanmoins, le mot « instrument » veut dire « outil » — quelque chose qui est entièrement sous le contrôle de l’artisan. La différence entre nous et les outils de l’ouvrier, c’est que nous pouvons choisir qui nous utilisera, et à quel genre de service nous serons employés; mais, une fois que nous nous sommes décidés, nous devons nous livrer aussi complètement entre Ses mains que l’outil, qui n’objecte pas sur la façon dont il sera utilisé. Quand nous nous soumettons à Dieu, nous devons être entre Ses mains comme l’argile entre les mains du potier, afin qu’Il puisse faire de nous ce qui Lui plaît. Notre volonté réside dans le fait de choisir si oui ou non, nous Le laisserons accomplir en nous ce qui est bien.

Ce concept d’être des instruments dans les mains de Dieu, est une aide merveilleuse pour la victoire de la foi s’il est compris dans sa plénitude. Notez que ce qu’un instrument fera dépend entièrement de la personne entre les mains de laquelle il se trouve. Prenons comme exemple une matrice; elle est assez inoffensive en elle-même, cependant, elle peut être utilisée pour les pires desseins, aussi bien que pour ce qui est utile. Entre les mains d’une personne sans scrupules, elle peut être employée pour faire de la fausse monnaie. C’est certainement un but déplorable. Mais, si elle tombe entre les mains d’un homme droit et vertueux, elle ne pourra absolument pas faire du mal. De même, quand nous étions les serviteurs de Satan, nous ne faisions rien de bon (Romains 6:20), mais maintenant que nous nous sommes livrés entre les mains de Dieu, nous savons qu’il n’y a pas d’injustice en Lui, et donc, un instrument entre Ses mains ne peut pas être employé dans un mauvais but. La soumission à Dieu doit être aussi complète qu’elle l’était autrefois à Satan, car l’apôtre dit :

« Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté » (Romains 6:19).

Tout le secret de la victoire repose d'abord sur la soumission complète à Dieu, avec le désir sincère de faire Sa volonté, ensuite, sur le fait de savoir que, grâce à notre soumission, Il nous accepte comme Ses serviteurs; et puis maintenir cet abandon à Lui, et rester entre Ses mains. Souvent, nous obtiendrons la victoire en répétant simplement et avec persistance cette prière : « Ô Seigneur, vraiment je suis Ton serviteur; je suis Ton serviteur, et le fils de Ta servante; Tu as détaché mes chaînes ». C’est simplement une façon énergique de dire: « Ô Seigneur, je me suis abandonné entre Tes mains comme un instrument de justice; que ta volonté soit faite, et non les exigences de la chair ». Mais quand nous pouvons comprendre la force de ces textes, et sentir vraiment que nous sommes les serviteurs de Dieu, immédiatement, apparaîtra la pensée : « Si je suis vraiment un instrument entre les mains de Dieu, Il ne peut pas m’utiliser pour faire le mal, ni me permettre de faire le mal tant que je demeure entre Ses mains. C’est Lui qui devra me protéger parce que je ne peux pas le faire moi-même. Mais Il veut le faire, car Il a montré Son désir et aussi Sa puissance pour mener à bien Son dessein, en Se donnant Lui-même pour moi. Par conséquent, Il me gardera de tout mal ». Toutes ces pensées peuvent traverser notre esprit instantanément; et elles doivent être nécessairement accompagnées du sentiment de joie d’avoir été gardés loin du mal redouté. Cette joie s’exprime naturellement par des actions de grâce à Dieu, et pendant que nous remercions Dieu, l’ennemi se retire avec sa tentation, et la paix de Dieu remplit le coeur. Alors, nous découvrons que la joie de croire surpasse de loin tout le plaisir que peut offrir l’indulgence du péché.

Tout ceci est une démonstration des paroles de Paul : « Anéantissons-nous donc la loi par la foi? Loin de là! Au contraire, nous confirmons la loi » (Romains 3:31). « Anéantir la loi » n’est pas l’abolir; car aucun homme ne peut abolir la loi de Dieu; cependant le Psalmiste dit qu’elle a été transgressée (Psaumes 119:126). Invalider la loi de Dieu, c’est plus que de prétendre qu’elle est sans importance; c’est démontrer par sa vie qu’on la considère comme sans importance. Un homme annule la loi de Dieu quand il ne lui permet pas d’avoir de la puissance dans sa vie. En résumé, annuler la loi de Dieu, c’est la violer; mais la loi elle-même demeure la même, qu’elle soit gardée ou non. Le fait de l’annuler affecte seulement l’individu, pas la loi.

Par conséquent, quand l’apôtre dit que nous n’annulons pas la loi de Dieu par la foi, mais que, au contraire, nous la confirmons, il veut dire que la foi ne conduit pas à la violation de la loi, mais à son obéissance. En fait, nous ne devons pas dire que la foi conduit à l’obéissance, mais que la foi elle-même obéit! La foi établit la loi dans le coeur. « La foi est l’essentiel des choses qu’on espère ». Si la chose espérée est la justice, la foi l’établit. Au lieu de la foi conduisant à l’antinomianisme, c’est le contraire qui se produit. Peu importe combien une personne se glorifie de la loi de Dieu; si elle rejette ou ignore la foi inconditionnelle en Christ, elle n’est pas en meilleure situation que l’homme qui attaque ouvertement la loi. L’homme de foi est le seul qui honore vraiment la loi de Dieu. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (Hébreux 11:6); avec elle, toutes choses sont possibles (Marc 9:23).

Oui, la loi réalise l’impossible, et c’est justement ce que Dieu nous demande. Quand Josué dit à Israël, « vous ne pouvez pas servir le Seigneur », il dit la vérité. Cependant, c’était un fait que Dieu leur demandait qu’ils le servissent. Il n’y a pas dans l’homme la puissance pour faire ce qui est juste, même s’il le veut (Galates 5:17); par conséquent, c’est une erreur de dire que tout ce que Dieu veut c’est que nous fassions le mieux que nous pouvons. Celui qui ne fait pas mieux que cela n’accomplira jamais les oeuvres de Dieu. Non, nous devons faire mieux que ce que nous pouvons faire. Il doit faire ce que seule la puissance de Dieu, agissant en nous, peut faire. Il est impossible à l’homme de marcher sur l’eau, cependant, Pierre l’a fait quand il exerça sa foi en Jésus.

Puisque tout pouvoir dans le ciel et sur la terre est dans les mains de Christ, et que cette puissance est mise à notre disposition, par Christ lui-même venant habiter dans le coeur par la foi, il n’y a pas de raison de reprocher à Dieu de nous demander de faire l’impossible; car « les choses qui sont impossibles aux hommes sont possibles à Dieu » (Luc 18:27).

Par conséquent, nous pouvons dire hardiment : « le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien; que peut me faire un homme » (Hébreux 13:6).

Alors : « Qui nous séparera de l’amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée? ... Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 8:35,37-39).